Martine et Christian, coordinateurs et famille d’accueil depuis plusieurs années, nous racontent aujourd’hui leurs belles aventures YFU.

C’est en 2013 que Martine et Christian se sont lancés dans l’aventure incroyable d’accueillir un lycéen étranger. Fortes en émotions et partages, ces expériences ont renforcé l’envie pour eux de s’impliquer au quotidien dans l’association. Aujourd’hui, Martine et Christian sont coordinateurs de leur région en apportant un soutien local aux familles, aux jeunes accueillis et aux jeunes français qui souhaitent partir vivre une immersion à l’étranger.

Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi de devenir famille d’accueil il y a quelques années ?

Nous avions de par notre engagement auprès du club de rugby local, accueilli des jeunes de différents pays et cela nous a tout de suite plu. En plus de cela, lors d’une discussion avec des amis, nous nous sommes rendu compte que nos valeurs d’ouverture au monde ne se manifestaient pas autant que nous l’aurions aimé. Nous avions vraiment à cœur d’agir pour contrecarrer le repli sur soi-même et la stigmatisation que certaines connaissances pouvaient avoir.

Avec notre fils Daniel et son ami Alexis

Avec notre fils Daniel et son ami Alexis

La décision était familiale. Même si nos enfants étaient grands et moins souvent à la maison, ils ont toujours été associés à cette démarche.

Selon vous, qu’est-ce que l’accueil d’un lycéen étranger peut apporter à une famille française ?

Au début, nous n’avions pas envisager l’accueil sous cet angle et maintenant nous sommes persuadés que toutes les familles peuvent se retrouver dans des aspects différents de l’accueil. Pour certains, c’est un vecteur d’éducation pour leur enfant : « le monde ne s’arrête pas au bout de la rue ». Pour d’autres, c’est pour rendre un service, découvrir un jeune et l’aider à se trouver, découvrir une nouvelle culture et partager la leur et pour certains, cela leur permet de garder contact avec un nouveau membre de leur famille à l’autre bout du monde.

Au tout début, nous n’avions pas imaginé conserver des contacts après l’accueil et leurs retours dans leurs pays, mais finalement cela nous plaît énormément. Nous ne sommes personne pour eux au début, et avec le temps, on devient important à leurs yeux et bien sûr la réciproque est vraie.

Au restaurant en famille

Au restaurant en famille

Cela nous a aussi obligé et permis de nous poser à nouveau des questions sur des sujets que nous n’avions pas remis en cause depuis longtemps comme par exemple la religion, la différence sociale, l’écologie, l’art et la culture française.

Aujourd’hui, vous êtes famille d’accueil mais également coordinateurs de la Région Mid-Est. Depuis combien de temps êtes-vous coordinateurs et pourquoi ?

On accueille depuis 2013, et en 2017 nous avons fait scission avec « l’Île-de-France » car géographiquement, les réunions intrarégionales étaient éloignées et nous sommes persuadés que l’aide et le soutien auprès des jeunes accueillis, des familles d’accueil ainsi que des bénévoles doivent être de proximité. C’est dans la nature de notre famille de s’impliquer alors on a pris nos responsabilités localement. Cela nous a permis de rencontrer de belles personnes, de belles familles, des personnes qui ont des valeurs de partage et d’échange.

Nos missions en tant que coordinateurs sont d’aider les jeunes à faire mûrir leur projet de départ, aider les jeunes accueillis à vivre une bonne année dans le respect des règles d’YFU, aider les familles à faire en sorte que leur engagement à nos cotés reste une expérience positive pour l’ensemble des membres de la famille.

Également de faire respecter les règles de fonctionnement mise en œuvre par YFU notamment en rencontrant les jeunes en échange régulièrement pour faire le point, leur permettre de rebondir car un échange de presque un an les transforme. Il y aussi une tâche qui est souvent invisible et qui demande un investissement important c’est de convaincre les familles de devenir famille d’accueil lors des rencontres dans les lycées, les journées portes ouvertes et de nos célèbres « réunions autour d’un apéro » chez une des familles du réseau YFU afin que le bouche à oreille fonctionne.

Que pouvez-vous conseiller aux familles de votre région qui hésitent à se lancer dans le projet d’accueillir un jeune ?

Il faut éviter les adages du style « quand on veut on peut ». Parlons plutôt des points qui peuvent faire hésiter les familles :

  • Que les jeunes soient pas assez « prêts » : nos jeunes sont sélectionnés suite à des entretiens. Ils sont souvent d’excellents élèves et ils sont préparés dans leur pays et en France par YFU pour intégrer ce programme.
  • Que vous n’êtes pas seuls : l’association est à vos cotés pour des conseils et pour les vacances. Nous ne mettrons jamais votre famille en danger.
  • Que l’investissement financier est limité au gîte et au couvert : la cantine, les transports, la scolarité, les loisirs sont à la charge du jeune.
  • Qu’il n’est pas utile de parler l’anglais ou la langue de l’accueilli : nous ne parlons pas anglais et nous en sommes à 8 accueils.
  • Que le temps à consacrer à un accueilli, c’est comme avec vos enfants, ils savent s’occuper et vivre leur vie.

Si vous avez d’autres interrogations, n’hésitez surtout pas à les exprimer à l’association qui pourra vous apportez des réponses. En tant que coordinateurs, nous sommes disponibles au téléphone mais nous pouvons aussi venir à votre rencontre. Les bénévoles rattachés à votre zone géographique sont également présents pour apporter leur soutien.

Durant l’année, il y a trois réunions régionales organisées pour réaliser un suivi des jeunes et de leurs familles d’accueil. Pouvez-vous nous donner des exemples de ce que vous pouvez faire lors de ces réunions ?

L’encadrement est fait par des jeunes étant partis en programme et des familles bénévoles. Autour de petits ateliers, on parle de l’accueil et des différentes situations auxquelles on peut être confronté. On profite de ce moment de retrouvailles pour partager un repas tous ensemble et même découvrir les spécialités culinaires des jeunes accueillis.

Ce qui plaît le plus à Martine et Christian, coordinateurs et famille d’accueil, c’est d’observer l’évolution des jeunes !

Nous apprécions durant l’année voir notre accueilli progresser dans la langue de Molière et pouvoir discuter avec lui. Nous aimons partager notre culture et lui faire découvrir notre mode de pensée qui est souvent différent du sien. C’est aussi appréciable pour nous, après les échanges, de les voir grandir. Nous gardons contact aujourd’hui avec 7 jeunes. Dans quelques années, nous serons grands-parents d’accueil !

Avec nos enfants Francisco, Daniel et Mai

Avec nos enfants Francisco, Daniel et Mai

Pour le rôle de coordinateurs, c’est la rencontre de nouvelles personnes qui est le plus motivant.

Un mot pour décrire l’accueil avec YFU ?

Plutôt qu’un mot, un geste. Chaque étudiant qui arrive dans notre famille, on lui donne la clef de notre maison et nous lui offrons le « Petit Prince » de Saint Exupéry.

« Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »

Ils repartent en nous offrant ce livre dans la langue de leurs pays. Ils gardent la clef de la maison, qui en 10 mois est devenu leur maison.

Avec Maties

Avec Maties